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n admet que
l'anis fit son apparition sur Terre il y a quatre mille ans. Dans les plus
anciennes civilisations, il était une plante sacrée. Quinze siècles avant
Jésus-Christ, on utilisait "l'esprit d'anis" dans les rites
sacrés en l'honneur de la déesse Athor. Aux Indes, dans le Bhâgavata-Pourânâ,
livre sacré du brahmanisme, il est écrit que l'étoile d'anis fut donnée à
Kardoma en récompense de sa foi.

e goût des
breuvages anisés fut introduit sur les bords de la Méditerranée par les
Hittites. Par l'Anatolie Occidentale, au gré des nombreux flux et reflux
des dominations turques ou hellèniques successives, la culture de l'anis
s'est peu à peu étendue à tout le bassin méditerranéen, réceptacle et
berceau de tant de civilisations.

lusieurs
siècles avant notre ère, les côtes méridionales de la Gaule, habitées par
les Celto-Ligures, furent visitées par des Phéniciens. Venant de Syrie et du
Liban, ils explorèrent les rivages de la Méditerranée à bord de rapides
galères. Ils furent suivis par des marchands montés sur de lourds vaisseaux
de commerce dont les flancs renfermaient de multiples trésors (verreries,
poteries, bijoux, blé, plants d'olivier, de vigne et aussi toutes les
épices de l'Orient). Parmi celles-ci, il est certain que figurait l'anis
vert d'Asie Mineure ou d'Egypte.

ix siècles
avant Jésus-Christ, les Phocéens (Grecs du Moyen Orient) fondèrent
"Massilia" à l'emplacement du vieux comptoir phénicien implanté
sur le port naturel du Lacidon. L'importance de cette Cité grandissant,
elle draina progressivement la majeure partie du commerce du littoral. En
empruntant la route fluviale du Rhône, avec son prolongement vers la
Bourgogne et la Savoie, toutes les marchandises en provenance de l'Orient purent
être distribuées sur l'ensemble de la Gaule. C'est ainsi que l'anis vert
parvint aux habitants de Lutèce.
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os aïeux
connaissaient et appréciaient les vertus de l'anis, plante médicinale et
aussi boisson rafraîchissante, imitant ainsi les peuplades méridionales
déjà conquises par "la plante de santé" dont les Grands Médecins
de Marseille savaient faire bon usage.

n ruinant
Athènes et Tyr, la domination macédonienne avait livré aux Marseillais le
commerce avec l'Asie Mineure. En détruisant Carthage, les Romains y avaient
ajouté celui avec l'Espagne. La victoire des troupes de Jules César à
Marseille laissa intactes ses immenses possibilités commerciales vers
l'intérieur du pays. Quoique tombée successivement aux mains des Wisigoths,
des Burgondes, des Ostrogoths puis des Francs, la ville demeura la porte de
l'Orient pour ses maîtres successifs...

ien plus
tard, l'empereur Charlemagne ayant fait alliance avec Byzance et les
califes de Cordoue, puis de Bagdad, obtint des privilèges pour les
navigateurs marseillais qui, reprenant la route d'Alexandrie, venaient deux
fois l'an y charger les trésors de l'Orient. La route des grandes caravanes
asiatiques aboutissant en Egypte, l'anis étoilé de Chine, plus piquant,
plus aromatisé que l'anis vert Egyptien, parvint en grande quantité dans le
port de Marseille.

a première
mention de l'anis dans les archives françaises remontent à 851 et parle
d'un don de trois livres d'anis fait, parmi d'autres précieux cadeaux, par
les moines de l'Abbaye de Flavigny, en Bourgogne, au Pape Jean VIII suite
au séjour qu'il fit parmi eux. Connaissant les vertus de l'anis, leur
abbaye se trouvait sur les ruines d'un hôpital des armées romaines au moment
du siège d'Alésia. Les délicieux bonbons à l'anis, toujours fabriqués à
Flavigny proviennent donc d'une recette du IXe siècle...
marquant le début de l'industrie de l'anis en France...
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