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Organizzazione › Folklore o tradizione

De nos jours o le matrialisme est Roi, lorsque les Maistres Anysetiers disent s'intresser l'tude et la recherche des qualits de l'anis sous toutes ses formes, ils risquent fort de passer pour les membres d'une confrrie bachique regroupant les adorateurs de la badiane ! Cette ide ne peut que se renforcer dans l'esprit d'un observateur amen assister une de nos crmonies d'intronisation o les Dignitaires portent leurs tenues d'apparat et rcitent un crmonial rituel... Un observateur bienveillant parlera peut-tre de folklore...

Le folklore, c'est--dire la science des traditions, des usages et de l'art populaire d'un Pays, quoique tout fait respectable, ne permet pas de saisir la signification profonde d'une crmonie d'intronisation. Si celle-ci est si solennelle, c'est qu'elle correspond un choix fait par l'imptrant et constitue pour lui un vritable engagement moral ne pouvant se concrtiser par une simple formalit administrative d'adhsion une association...

Au Moyen Age, la Chevalerie permettait d'adoucir des moeurs d'une brutalit que nous avons bien du mal imaginer aujourd'hui. Pour ce faire, elle dveloppa le sentiment de l'honneur et introduisit, avec le respect et le culte de la femme, ce qu'on appela, au temps de Philippe-Auguste, la courtoisie. La crmonie de remise de ses armes au jeune homme devenant Chevalier revtait alors un caractre la fois moral et solennel, puisque celui-ci faisait serment de respecter les lois de la Chevalerie.

C'est de cette crmonie d'adoubement que s'inspire le crmonial utilis dans nos crmonies d'intronisation au cours desquelles le postulant fait serment de respecter les prceptes de l'Ordre. Ceux-ci l'obligent pratiquer l'honntet tous gards, c'est--dire aussi bien envers lui-mme qu'envers les autres, l'assistance mutuelle, la solidarit, en un mot la confraternit.

Ce ne sont pas des mots, mais des ralits. Malgr la discrtion de leurs auteurs, nous sommes souvent amens relever, dans nos Commanderies, des comportements illustrant merveille cette notion de confraternit.

En plus de son crmonial et de ses tenues, chaque Corporation mdivale possdait sa propre bannire qu'elle portait dploye lors des ftes publiques et des processions. Nos gonfanons, nos blasons, nos tenues d'apparat et notre engagement perptuent les us et coutumes de la Corporation des Maistres Anysetiers. Au-del du folklore, il s'agit de faire revivre des traditions. N'est-il pas opportun, aujourd'hui, de susciter (parfois ressusciter) et de dvelopper ces hautes vertus hrites de nos anctres ?

On peut se poser la question suivante : pourquoi existe-t-il encore des confrries aujourd'hui ? On trouve tous les lments de rponse dans les travaux de Martine SEGALEN(*), attache de recherche au Centre d'Ethnologie Franaise du C.N.R.S. Elle explique que les Confrries, et parmi celles-ci les Confrries de Mtiers, ont t l'une des expressions du mouvement gnral d'associations religieuses qui dferla sur l'Europe au Moyen Age (Cf. Histoire n 5 - 1978). Celles qui perdurent de nos jours sont inscrites dans un tissu social encore prt leur faire une place et sont porteuses de valeurs anciennes ou nouvelles rpondant des besoins actuels. Chaque Confrre perptue ses traditions grce son crmonial et ses vtements, puissants symboles de l'association, qui sacralisent le Frre et abolissent les barrires sociales.

L'appartenance une Confrrie s'accompagne d'un certain prestige car elle procure le sentiment d'appartenir un milieu choisi, qu'il ne convient d'ouvrir qu' des amis srs.

(*) M. SEGALEN, les Confrries dans le Monde contemporain

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